Entre Nous

10 juillet, 2009

1903

Classé dans : France, Sport — db @ 4:54
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dMERCREDI 1er juillet 1903, 15 h 16, devant l’auberge du « Réveil-Matin » à Montgeron : H. Ellinamour d’Arles et Léon Pernette sont les premiers des 78 engagés à signer le registre de départ du Tour de France. Une toute nouvelle course à vélocipède, créée par un journal « L’Auto » et un journaliste Henri Desgrange, sur une idée de Géo Lefèvre. Six étapes seront défrichées par ces héros du sport cycliste, de Montgeron au Parc des Princes, soit 2 428 kilomètres en passant par Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes…
gaEllinamour et Pernette disparaissent de la circulation ; seuls 21 coureurs vont au bout du Tour et du rouleau, la victoire finale revenant au favori : Maurice Garin, 32 ans, 1 mètre 63 et 61 kilos, « une redoutable machine de résistance et une force irrésistible » selon Desgrange.
cL’aventure a commencé le 1er juillet 1903 en début d’après midi, à Montgeron, devant le café Le Réveil Matin. Les étapes étaient très longues, de l’ordre de 500 kms et la nuit n’arrêtait pas les coureurs qui, à l’aide d’un pignon fixe et le guidon exempt de freins, sillonnaient des routes de pierre ou des chemins de terre.
Et il n’était pas question pour le Directeur de course, le journaliste Geo Lefèvre, de suivre les coureurs en automobile. Utilisant lui-même un vélo et prenant aussi le train, il devait user de toute sa débrouillardise, pour veiller à la régularité de la course, rendre compte à Henri Desgrange, son patron, et rédiger les comptes rendus de l’étape, pour l’Auto, le journal à la couleur jaune.
L’Auto qui, à l’époque, livrait une concurrence féroce à l’autre quotidien sportif, le Vélo et qui précipita la perte de celui-ci, en créant et organisant le Tour de France.
Car la presse est avec le public, une autre composante de la course.
En attendant le passage des coureurs, les spectateurs lisent les journaux qui content les exploits des géants de la route ; et ils découvrent leurs visages à travers des croquis, puis des photos.

dLe 19 juillet 1903, l’Auto va réussir l’exploit de vendre dans les rues de Paris 130000 exemplaires d’une édition spéciale, quelques minutes après l’arrivée.
La discipline imposée par Henri Desgrange entre 1903 et les années 1930 fit beaucoup pour la légende de l’épreuve, malgré les critiques des frères Pélissier reprises par Albert Londres. Les coureurs n’avaient droit à aucune forme d’assistance extérieure sur la route du Tour, et il fallait qu’ils réparent eux-mêmes leurs machines en cas d’incident technique. Lors du Tour 1913, Eugène Christophe, solide leader virtuel du classement général, brisa sa fourche dans le Tourmalet.

Au nom du principe d’autonomie, Christophe est contraint de réparer lui même sa machine et perd toutes ses chances de victoire finale. Pas moins de trois juges du Tour assistèrent à cette réparation afin de s’assurer qu’il ne recevait pas d’aide extérieure. Les successeurs de Desgrange sont moins rigides, et le règlement s’assouplit progressivement.
La rivalité entre les organisateurs et les équipes de marques posa tant de problèmes à la fin des années 1920 que des équipes nationales furent imposées en 1930. Tous les frais sont alors pris en charge par les organisateurs, bicyclettes incluses. C’est le journal L’Auto qui achète directement ces dernières au fabricant Alcyon.

Elles sont jaunes et marquées du “A” gothique de L’Auto. Afin de financer la course, une caravane publicitaire est mise en place avant le passage des coureurs. On revient aux équipes de marque en 1962 sous l’impulsion de Félix Lévitan, directeur de la course de 1962 à 1987.

Pour en savoir plus Torelli’s History of the Tour de France

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