Entre Nous

5 mai, 2009

Eluard : Liberté

Filed under: LITTÉRATURE — db @ 8:52
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1942, La France est occupée, bafouée, trahie, violée. Vichy sous la botte nazie règne.  

Les résistants s’organisent.

Parmi eux, Paul ELUARD écrit ce poème qui est parachuté sur la France occupée par la RAF ou diffusé par la BBC.

Très vite, il devient ainsi le cri de ralliement de tous ceux qui résistent à l’Occupation.

Ce poème est gravé désormais à tout jamais dans la mémoire de France.

Ici vous pourrez écouter l’un des plus grands acteurs de l’Après-Guerre français, Gérard Philippe:

leger1.jpgFernand Leger : Liberté

  

         Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffées d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Paul Eluard
in Poésies et vérités, 1942

 

Paul EluardCliquez sur la miniature pour agrandir la photo.Gérard Philippe

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11 commentaires »

  1. Cher monsieur db
    J’ai passé un moment délicieux en retrouvant ce texte de mon enfance. C’est des choses qu’on oublie pas quand on a vecu cela.
    Puis la cerise sur le gateau, Gérard Philippe. Savez-vous comment je pourrais avoir une copie? Je voudrais l’offir à une amie, qui est mal-voyante.
    Bonne continuation.
    Serge

    Commentaire par Serge47 — 17 janvier, 2007 @ 9:32 | Réponse

  2. that’s, like,one my all-time favourite- awesome choice-{wipes tear from eye]
    a dutch lady

    Commentaire par olivia — 19 janvier, 2007 @ 1:28 | Réponse

  3. merci beaucoup pour ce poème grace à vous je peux l’apprendre une autre fois.vraiment cette poèsi est malheureuse ; mais c’est ma meilleure poèsi!!!!!!!!!! thank you very much!!

    Commentaire par Katerina — 19 janvier, 2007 @ 9:05 | Réponse

  4. a translation in english here: http://www.freenetpages.co.uk/hp/freeman/Eluard.htm#_Toc8614230

    Commentaire par olivia — 10 février, 2007 @ 7:06 | Réponse

  5. Merci, Olivia.

    Commentaire par db — 11 février, 2007 @ 2:08 | Réponse

  6. Merci beaucoup d’avoir publié ce joli poême… vous me faites redécouvrir ma propre culture.

    Commentaire par Marie — 13 février, 2007 @ 4:03 | Réponse

  7. Bonjour Marie,
    En effet un beau texte. Dommage qu’Eluard comme Aragon ne fut pas toujours aussi noble que ses poèmes. Victimes ou agents du stalinisme? J’imagine les deux à la fois.
    C’est interessant ce que vous dites sur ‘redécouvrir votre propre culture’. Peut-être qu’a force d’y être plongé, on perd de la perspective. Il faut parfois un peu de distance.
    C’est Barbara qui dit dans Gottingen  » Il connaissent mieux que nous l’historie de France’ ou quelque chose comme ça. Tiens je vais mettre cette chanson ici.
    A bientôt.
    Danny

    Commentaire par db — 18 février, 2007 @ 7:50 | Réponse

  8. Un poème à la gloire de tous les opprimés,

    Commentaire par phedon — 4 mars, 2007 @ 7:24 | Réponse

  9. De retour sur votre site qui a beaucoup évolué en qualité et quantité. J’ai eu le plaisir d’écouter Gérard philippe encore une fois. « I shall return ». Au plaisir,
    Serge

    Commentaire par serge47 — 3 novembre, 2007 @ 6:26 | Réponse

  10. Bonjour,

    Ce poème me fait frisson, mais frisson de bonheur, il a cet accent d’humanité qui le rend universel et que je ne me lasse pas d’écouter.

    Ou pourrais je acheter, télécharger, cette version audio dit par G. Philipe.
    Il existe une version dit par Paul ELUARD, même question ?

    Merçi Jacques

    Commentaire par JACQUES — 10 décembre, 2008 @ 8:10 | Réponse

  11. Hommage à Paul Eluard
    ——————–

    Sur Abel et sur Caïn
    Sur Adam et sur Lilith
    Sur le fils du charpentier
    J’ai des sonnets

    Sur les astres vagabonds
    Sur les faits non résolus
    Sur le long fleuve du temps
    J’ai des sonnets

    Sur l’archange Gabriel
    Sur un horloger aveugle
    Et sur Marie-Madeleine
    J’ai des sonnets

    Sur la vie du roi des arbres
    Sur Sapiens et sur Faber
    Sur Tartuffe en un couvent
    J’ai des sonnets

    Sur l’amitié des forums
    Sur la joie et la tristesse
    Sur le maître Chevillard
    J’ai des sonnets

    Sur le métier de chercheur
    Sur le miroir déformant
    Et sur Occam en vacances
    J’ai des sonnets

    Sur la peinture chinoise
    Sur trois puissance quatorze
    Sur la faim du prédateur
    J’ai des sonnets

    Sur le trouble ronsardien
    Sur les deux cents éléphants
    Sur Newton et Langevin
    J’ai des sonnets

    Sur la reine Pénélope
    Sur la planète ignorée
    Sur une vibration morte
    J’ai des sonnets

    Sur l’amour dans un coin sombre
    Sur un campement rustique
    Sur une nuit de juillet
    J’ai des sonnets

    Sur le regard de Saturne
    Sur un rêve de voyage
    Sur la rose et l’hirondelle
    J’ai des sonnets

    Sur le jardin et la croix
    Sur la plume et l’encrier
    Sur la salle et le comptoir
    J’ai des sonnets

    Et par le pouvoir des rimes
    J’ai du soleil dans ma vie,
    Je suis né pour te servir

    Poésie.

    Commentaire par Cochonfucius — 19 juillet, 2017 @ 2:26 | Réponse


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