Entre Nous

10 août, 2011

Le massacre des dromadaires australiens

Filed under: AUSTRALIE — db @ 12:08
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Juillet 2011. En juin dernier, le gouvernement australien a dévoilé ses propositions pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre du pays. L’un des trois projets consiste à éradiquer les quelques 1,2 millions de dromadaires sauvages présents dans la région de l’Outback.

Des dromadaires en Australie ?
Les dromadaires ont été introduits en Australie dans les années 1840 par les explorateurs et les pionniers ayant besoin de bêtes de somme robustes pour prospecter l’intérieur aride du pays. Abandonnés par la suite à leur sort et sans prédateur naturel, ils ont su s’adapter à cet environnement pour atteindre aujourd’hui plus d’un million d’individus et représenter la plus grande population sauvage au monde.

La carbon farming initiative
L’Australie est un pays qui affiche un taux d’émission de CO2 par habitant parmi les plus élevés de la planète. Pour réduire ces émissions de gaz à effet de serre, le parlement australien propose d’éradiquer les camélidés en échange de crédits carbone négociables sur les marchés internationaux. Son but est d’atteindre un taux de 5% inférieur au taux de 2000 d’ici 2020.

Les arguments avancés
Chaque dromadaire serait responsable du rejet de 45 kg de méthane par an soit près d’une tonne d’équivalent CO2. Selon Tim Moore, directeur de la société australienne Northwest Carbon, cela représenterait « d’ici à 2020, 2 millions de tonnes de CO2 rejetés dans l’atmosphère chaque année ». Selon ses calculs, l’éradication de la totalité de ces dromadaires reviendrait à retirer 300 000 voitures de la circulation.

Des animaux maudits
Ces animaux n’ont vraiment rien pour plaire au gouvernement. En plus de leur imputer le réchauffement de la planète, le gouvernement estime que leur population doublera en l’espace de 9 ans ; ce qui représente un véritable danger pour l’écosystème et pour les espèces endémiques avec lesquelles ils entrent en compétition.
Déjà pris pour cibles lors de la sécheresse de 2009, 6000 dromadaires qui cherchaient à s’abreuver au sud-ouest d’Alice Springs, avaient été abattus.

Double bénéfice
Les dromadaires sauvages sont déjà chassés pour leur viande pour la consommation humaine ou pour le marché alimentaire des animaux de compagnie. Mais le transport des carcasses depuis le bush est onéreux pour les chasseurs. La prime carbone de 56 euros qui devrait leur être accordée pour la destruction de chaque dromadaire serait alors une aubaine…

Une aberration scientifique
Pour estimer le « taux de pollution » des dromadaires, ces experts se sont basés sur des extrapolations à partir de données prises sur des bovins. Or les dromadaires ne possèdent pas la même physiologie (système digestif différent) ni le même métabolisme que les vaches.
De plus, la population de camélidés sauvages dans le monde ne représente même pas 1 % de la biomasse herbivore mondiale…
Enfin, les dromadaires vivent dans des zones arides, où les émissions de carbone et le méthane sont parmi les plus bas à la surface de la terre.

Des pratiques scandaleuses
Le gouvernement précise que les animaux seront abattus par des tireurs confirmés et « soucieux du bien-être animal », depuis des 4X4 ou des hélicoptères ! Ces « opérations massacre », additionnées au transport et à l’évacuation des carcasses, risquent de se révéler très coûteuses tant financièrement qu’en terme de CO2.

Diversion
Le rôle attribué aux dromadaires australiens dans l’émission de gaz à effet de serre est une diversion. L’élevage intensif joue un rôle bien plus important puisqu’il est responsable à lui seul de 18 % des émissions mondiales ! Or l’Australie est un gros producteur de viande bovine et de moutons, exportés en masse vers l’Asie et le Moyen Orient. Si l’Australie souhaite vraiment faire quelque chose, c’est sans nul doute sa pratique de l’élevage qui devrait donc être concernée en premier lieu…

L’Australie comme exemple écologique ?
Depuis sa colonisation, l’Australie souffre des effets des espèces introduites par l’homme mais aussi des solutions prises pour y remédier…L’éradication des dromadaires proposée aujourd’hui en est encore un exemple révoltant. Il est temps que des mesures véritables et éthiques soient prises pour lutter contre le réchauffement climatique !

Agir
Le gouvernement australien prendra sa décision à la fin de l’année quant au sort des dromadaires. Vous pouvez écrire à l’ambassade pour protester contre cette décision qui pourrait avoir des retombées négatives sur le tourisme et pour l’image d’un pays qui profite pourtant aujourd’hui d’un fort attrait écologique.

Ambassade d’Australie
Son Excellence Monsieur David Alexander Ritchie
4, rue Jean Rey
75724 Paris

A vous d’écrire à Monsieur Ritchie

Source :  One Voice

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