Entre Nous

15 mai, 2017

C’est le french Obama

Filed under: COMPRÉHENSION ÉCRITE,FRANCE QUOTIDIENNE — db @ 5:59

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Le nouveau président puise dans la politique américaine de nombreuses inspirations, sur la forme, comme sur le fond.

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« Emmanuel Macron, c’est le french Obama. » Cette phrase de Laurence Haïm, porte-parole d’Emmanuel Macron, en dit long sur le style revendiqué du nouveau président. Dans l’équipe Macron, on se plaît à le comparer au prédécesseur de Donald Trump.

Deux jeunes au parcours météorite, et en apparence, une même décontraction. Lors de sa campagne, le nouveau locataire de l’Élysée n’a pas non plus manqué de s’inspirer du modèle anglo-saxon. Mais peut-on vraiment parler d’un président américanisé ?

« La campagne d’Emmanuel Macron, c’est le décalque de celle d’Obama en 2008 », explique à l’Express, François Durpaire, historien spécialiste des États-Unis et maître de conférences à l’Université de Cergy.

« On constate plusieurs éléments. Déjà une forme de décontraction dans l’ambiance de campagne, mais aussi une certaine verticalité des décisions, avec un pôle décideur fort. Cela rappelle vraiment le fonctionnement d’Obama », poursuit le chercheur.

D’ailleurs, un symbole ne lui a pas échappé lors de la course à l’Élysée. La tendance d’Emmanuel Macron à mettre la main sur son coeur quand il entame la Marseillaise, alors que c’est là une tradition typiquement américaine.

Une inspiration venue d’outre-Atlantique que l’on a aussi retrouvée dans ses meetings, lorsqu’il se présentait seul, entouré de ses supporters, parfois sans notes et sans pupitre.

« Il y a également eu toute une stratégie, mise en place par des militants dispersés dans le public, chargés d’applaudir au bon moment », décrypte pour l’Express, Philippe Moreau Chevrolet, professeur de communication à Sciences-Po. « Ce sont des techniques qui ont été développées aux États-Unis. »

Création du statut de « first lady » et spoil system…

La mise en scène de sa vie de couple avec Brigitte, a aussi été omniprésente dans la campagne, rappelant le storytelling autour des époux Obama. L’ancien leader d’En Marche!, a d’ailleurs prévu d’officialiser un statut de première dame, comme c’est actuellement le cas aux États-Unis avec la « first lady ».

« Je souhaite qu’un cadre soit défini et je demanderai qu’un travail soit conduit en la matière », avait signalé Emmanuel Macron dans l’émission Élysée 2017 sur TF1 le 27 avril.

Emmanuel Macron et sa femme Brigitte, main dans la main, le soir de sa victoire à l'élection présidentielle, le 7 mai au Louvre, à Paris.
Emmanuel Macron et sa femme Brigitte, main dans la main, le soir de sa victoire à l’élection présidentielle, le 7 mai au Louvre, à Paris.

J.Catuffe/Getty Images

Côté réforme institutionnelles, un autre changement en perspective, avec la transposition à la française du « spoil system ». Ce mécanisme d’origine américaine veut qu’à chaque nouvelle présidence, les hauts fonctionnaires puissent être remplacés.

L’objectif pour Emmanuel Macron: « mettre sous tension l’appareil d’État ». « Dans les deux prochains mois du quinquennat, je changerai ou confirmerai l’intégralité des postes de direction dans la fonction publique », avait-il indiqué dans Les Echos, en février.

Une solennité bien franco-française

Pour autant, analyser le nouveau président sous le prisme d’un style à l’américaine n’est pas la bonne clé de lecture pour Arnaud Mercier, chercheur en communication politique à l’Université Panthéon-Assas.

« Je ne pense pas qu’il soit un président ‘américanisé’, en revanche s’il peut trouver des ressources utiles pour son projet Outre-Atlantique, alors il le fait », détaille-t-il à l’Express.

« Il représente une sorte d’alliance, avec d’un côté, une modernité à l’américaine, avec ce qu’elle comporte de marketing politique ultra-sophistiqué. Mais de l’autre côté, il y a une volonté de s’inscrire pleinement dans une tradition anthropologique du politique, et une mise en scène du pouvoir marquée par une certaine solennité », ajoute-t-il.

En témoigne pour le chercheur, l’arrivée très symbolique d’Emmanuel Macron au Louvre, seul face aux Français, après sa victoire au second tour. Une scénographie rappelant la célèbre maxime, « la présidentielle est la rencontre d’un homme et d’un peuple », un moyen de prendre de la hauteur.

« C’est un mixte selon moi, il prend des éléments de modernité, mais les met au service d’une mise en scène très française », achève Arnaud Mercier.

Un style adopté par de nombreux candidats

Pour l’historien François Durpaire, plus qu’Emmanuel Macron, c’est l’ensemble de la politique française qui reprend certains standards américains. « Le nouveau président est né politiquement dans un bain d’américanisation de la politique française. L’importation des primaires est assez révélatrice », continue l’universitaire.

« Ce style inspiré par les États-Unis a été adopté par de nombreux candidats. Jean-Luc Mélenchon par exemple faisait lui aussi des meetings sur une scène entourée par son public. Ce sont des codes qui sont en train de s’imposer », confirme Philippe Moreau Chevrolet.

« Emmanuel Macron est simplement allé très loin dans ce qu’on pourrait appeler la technologie de communication », achève le communicant.

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